Il y a des marques que l'on connaît depuis toujours, au point de ne plus vraiment les regarder. Calor est de celles-là.

Son nom évoque immédiatement un fer à repasser, un sèche-cheveux ou un petit appareil ménager aperçu chez nos parents ou nos grands-parents. Pourtant, derrière cette marque familière se cache une aventure industrielle française qui a profondément accompagné l'évolution de nos intérieurs au cours du XXᵉ siècle.

Si j'ai choisi de commencer cette série d'articles par Calor, ce n'est pas un hasard.

Les objets de cette manufacture figurent parmi ceux que je rencontre le plus souvent au fil des brocantes, des vide-maisons ou des successions. Certains sont encore parfaitement fonctionnels, d'autres ont depuis longtemps cessé de rendre le service pour lequel ils avaient été conçus. Mais tous racontent quelque chose de précieux : l'arrivée de l'électricité dans les foyers français et la naissance d'un nouveau confort domestique.

Il y a des marques que l'on connaît depuis toujours, au point de ne plus vraiment les regarder. Calor est de celles-là.

Son nom évoque immédiatement un fer à repasser, un sèche-cheveux ou un petit appareil ménager aperçu chez nos parents ou nos grands-parents. Pourtant, derrière cette marque familière se cache une aventure industrielle française qui a profondément accompagné l'évolution de nos intérieurs au cours du XXᵉ siècle.

Si j'ai choisi de commencer cette série d'articles par Calor, ce n'est pas un hasard.

Les objets de cette manufacture figurent parmi ceux que je rencontre le plus souvent au fil des brocantes, des vide-maisons ou des successions. Certains sont encore parfaitement fonctionnels, d'autres ont depuis longtemps cessé de rendre le service pour lequel ils avaient été conçus. Mais tous racontent quelque chose de précieux : l'arrivée de l'électricité dans les foyers français et la naissance d'un nouveau confort domestique.

Une invention avant une entreprise

L'histoire de Calor commence avant même la création de la société.

En 1913, un ingénieur lyonnais, Léo Trouillet, met au point un fer à repasser électrique particulièrement innovant pour son époque.

Quelques années plus tard, en 1917, il fonde la société Calor afin de fabriquer et commercialiser cet appareil. Le nom de l'entreprise est directement inspiré du mot latin calor, qui signifie « chaleur ». Il résume parfaitement l'ambition de la jeune entreprise : mettre l'électricité au service de la maison.

À cette époque, l'électricité commence seulement à se diffuser dans les logements français. Beaucoup de foyers utilisent encore le charbon, le gaz ou les fers chauffés sur la cuisinière.

Calor arrive donc au moment où un nouveau mode de vie est en train d'apparaître.

Lyon, une ville tournée vers l'innovation

Il n'est sans doute pas anodin que cette aventure soit née à Lyon.

Au début du XXᵉ siècle, la ville est l'un des grands centres industriels français. Les industries textiles, mécaniques et électriques y connaissent un développement remarquable. Les frères Lumière y inventent le cinéma. Berliet y construit ses premiers camions. Les innovations techniques se multiplient.

En 1926, Calor s'installe dans une ancienne forge du quartier de Monplaisir, à proximité de l'actuelle place Ambroise-Courtois, avant de poursuivre son développement sur les terrains voisins. Ce site restera durablement associé à l'histoire de la marque.

Lorsque l'on passe aujourd'hui avenue des Frères-Lumière, il est difficile d'imaginer qu'une partie des objets qui ont équipé des millions de cuisines françaises y ont été conçus.

Plus qu'un fabricant de fers à repasser

Si le fer électrique est à l'origine de la réputation de Calor, l'entreprise comprend très vite que l'électricité peut transformer bien d'autres gestes du quotidien.

Au fil des années, son catalogue s'enrichit.

Dès 1919 apparaissent les premiers radiateurs paraboliques.

En 1923, Calor commercialise des couvertures chauffantes.

Puis viennent l'aspirateur Aspirator en 1925, les sèche-cheveux en 1926, les cafetières électriques et les batteurs à partir de 1938.

Après la Seconde Guerre mondiale, la marque poursuit son développement avec les rasoirs électriques, avant de présenter en 1958 l'un des premiers fers à vapeur français : le célèbre Vapomatic.

En observant cette succession d'innovations, on comprend que Calor ne vend pas seulement des appareils électriques.

L'entreprise participe à une profonde transformation de la vie domestique.

Les tâches deviennent progressivement moins longues, moins pénibles et plus accessibles.

Des objets pensés pour durer

Ce qui frappe aujourd'hui lorsque l'on tient un ancien appareil Calor entre les mains, c'est sa qualité de fabrication.

Les premiers modèles sont réalisés en acier embouti, en aluminium, en laiton ou en fonte.

Les poignées sont souvent en bois puis en bakélite.

Les commandes sont simples, robustes, facilement démontables.

À une époque où l'on ne parlait pas encore d'obsolescence programmée, ces objets étaient conçus pour accompagner une famille pendant de nombreuses années.

Ils portent souvent les traces d'une longue utilisation : une légère usure de la poignée, quelques rayures sur le métal, parfois même une réparation réalisée avec soin.

Loin de diminuer leur intérêt, ces marques du temps racontent la vie de ceux qui les ont utilisés.

Le design avant même que le mot n'existe

Lorsque l'on évoque les appareils ménagers anciens, on pense rarement au design.

Pourtant, il suffit d'observer un radiateur Calor des années 1930, un ventilateur chromé ou un ancien fer à repasser pour constater que leur esthétique faisait déjà l'objet d'une véritable attention.

Les proportions sont élégantes.

Les matières sont nobles.

Les chromes captent la lumière.

La bakélite offre des lignes douces et chaleureuses.

Même lorsqu'ils étaient destinés à un usage purement utilitaire, ces objets avaient vocation à trouver naturellement leur place dans la maison.

C'est sans doute ce qui explique qu'ils séduisent encore aujourd'hui de nombreux amateurs de décoration.

Pourquoi j'aime chiner les anciens objets Calor

Je n'achète pas un objet uniquement parce qu'il porte une marque connue.

Il m'arrive d'ailleurs de laisser sur un stand des appareils Calor très communs ou trop altérés.

En revanche, lorsqu'un modèle possède une belle ligne, un matériau particulier ou un état de conservation remarquable, je prends toujours le temps de l'observer.

Je regarde la qualité des assemblages.

Je vérifie que les éléments d'origine sont encore présents.

J'essaie d'imaginer la maison dans laquelle il a vécu.

Ces objets racontent souvent beaucoup plus qu'ils ne montrent.

Ils évoquent les cuisines familiales, les buanderies, les premiers logements équipés de l'électricité, les gestes répétés des centaines de fois.

Ils sont les témoins silencieux d'une époque où la modernité entrait peu à peu dans les foyers.